POLITIQUE

KANOMBE : L’AFC/M23 MISE SUR LA FORMATION DE SES CADRES POUR « RECONSTRUIRE L’ÉTAT À PARTIR DE LA BASE »

21/08/2026 #Simba Media# 22 vues
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KANOMBE, 20 août 2026

À l’occasion du pass out marquant la fin d’une session de formation des cadres à Kanombe, le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, Bertrand Bisimwa, a présenté la formation idéologique et citoyenne des cadres comme l’un des instruments par lesquels le mouvement entend inscrire son action dans une logique de transformation de l’État et de la société congolaise.
Dans son intervention, Bertrand Bisimwa est revenu sur le parcours des différents mouvements politico-militaires auxquels certains responsables de l’AFC/M23 ont été associés, de l’AFDL au RCD, puis au CNDP et au M23. Selon lui, les approches précédentes n’auraient pas permis de résoudre durablement les problèmes qu’ils identifiaient au sein de l’État congolais.

Cette fois-ci, nous-mêmes, nous allons changer


Pour Bertrand Bisimwa, la différence avec les expériences antérieures réside dans la volonté affichée de ne plus attendre la transformation de l’État uniquement d’un accord conclu avec le pouvoir central.
Cela signifie que nous ne demandons plus au gouvernement congolais de changer quoi que ce soit pour nous. Nous-mêmes, nous disons que nous allons changer. C’est cela la différence entre ce que nous faisions avant et ce que nous faisons aujourd’hui.

Il a expliqué que cette orientation justifie l’importance accordée à la formation des cadres.
Pour apporter le changement, les cadres doivent d’abord changer eux-mêmes. S’ils ne changent pas, ils ne peuvent pas apporter de changement au pays.

Le message adressé aux lauréats place ainsi la transformation individuelle, la discipline et la conception du service public au cœur de la responsabilité du cadre.
Bisimwa :
Nous nous battons contre un mauvais système

Le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23 a également soutenu que le combat de son mouvement ne devait pas être présenté comme une opposition dirigée uniquement contre une personne ou contre l’actuel pouvoir de Kinshasa.
Nous ne nous battons pas contre un individu et nous ne nous battons pas uniquement contre le régime de Félix Tshisekedi. Nous nous battons contre un mauvais système qui a été installé dans notre pays et qui, selon nous, l’a conduit à sa dégradation.

Dans cette perspective, il affirme que l’objectif recherché est une transformation structurelle, passant notamment par la citoyenneté, l’administration et la reconstruction des institutions à partir des communautés locales.

Reconstruire l’État
à partir de la base


Bertrand Bisimwa a reconnu que les expériences précédentes avaient, selon son analyse, accordé une attention excessive aux arrangements politiques et militaires conclus au sommet de l’État.
Avant, dans chaque accord que nous signions, nous commencions par nous occuper de l’armée et des questions situées au sommet, en oubliant que les problèmes de la population se trouvaient à la base
, a-t-il déclaré.
L’AFC/M23 entend désormais, selon lui, inverser cette logique :
Aujourd’hui, nous disons que nous allons commencer à construire l’État à partir de la base, parce qu’un État ne peut pas être solide s’il n’a pas une bonne base.

Cette conception suppose, a-t-il poursuivi, de travailler sur la citoyenneté et l'identification des citoyens, mais aussi sur la capacité des Congolais à se reconnaître dans une appartenance nationale commune.
Une identité congolaise au-dessus des appartenances communautaires
Une partie importante du discours a porté sur la question de l’identité nationale. Bertrand Bisimwa a déploré l’absence prolongée d’un recensement national et estimé que les appartenances communautaires prennent trop souvent le dessus sur la citoyenneté.
Nous sommes un pays composé de nombreuses communautés. Il faut donc que nous construisions une identité congolaise à la base, une nouvelle identité congolaise qui soit au-dessus des appartenances communautaires.

Pour lui, un citoyen confronté à une difficulté devrait pouvoir compter sur ses droits et sur les institutions de l’État, plutôt que de devoir chercher prioritairement la protection de sa communauté d’origine.
Le responsable de l’AFC/M23 a également dénoncé ce qu’il qualifie d’
idéologie de division
et d’
idéologie du génocide
, affirmant vouloir promouvoir une citoyenneté susceptible d’unir les différentes composantes de la société congolaise.

Kanombe, une formation présentée comme un changement de méthode

Le pass out de Kanombe apparaît ainsi, dans le discours de Bertrand Bisimwa, comme davantage qu’une simple clôture de formation. L’AFC/M23 veut en faire l’expression de sa stratégie de préparation de cadres appelés à traduire sa vision politique et administrative sur le terrain.
Le message central adressé aux participants peut se résumer en une exigence : le changement revendiqué pour le Congo doit, selon l’AFC/M23, commencer par la transformation de ceux qui ambitionnent de le conduire.
Pour Bertrand Bisimwa, la démarche doit ensuite suivre le même mouvement : partir du citoyen, consolider la base, construire une identité nationale commune et remonter progressivement vers les institutions de l’État.

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