La campagne de plantation d’arbres dans la ville de Goma a pris une dimension à la fois environnementale et citoyenne avec l’implication des autorités, des transporteurs, des habitants ainsi que des membres de l’armée et de la police révolutionnaires.
Participant personnellement à la plantation, le coordonnateur politique adjoint de l’AFC/M23, Bertrand Bisimwa, a présenté cette initiative comme une nouvelle étape dans la transformation de Goma : après les efforts consacrés à la sécurité, à la salubrité et à la santé publique, la protection de l’environnement doit désormais devenir une responsabilité collective.
Goma doit devenir un exemple
Pour Bertrand Bisimwa, planter des arbres dépasse le simple geste symbolique. Il s’agit de créer une nouvelle cultur et d’amener chaque habitant à participer à la transformation de son milieu de vie.
Aujourd’hui, nous venexemple, un exemple pour entraîner notre population de Goma, mais aussi pour servir de modèle à ce que nous voulons que les autres copient.
Le coordonnateur politique adjoint a estimé que Goma devait continuer à montrer l’exemple dans plusieurs domaines.
Goma a mené la lutte pour apporter la paix et la sécurité dans la ville. Goma a aussi mené une autre lutte : apporter la propreté dans la ville. [...] Et maintenant, nous voulons donner un autre exemple dans le cadre du développement : l’exemple de la protection de l’environnement.
Selon lui, l’ambition est claire :
Nous voulons que Goma devienne un exemple, parce que Goma est la ville exemple de la révolution, une ville exemple du développement, une ville exemple de protection et de défense.
Les chauffeurs appelés à devenir les gardiens des arbres
La mobilisation a également impliqué les acteurs du transport urbain. Le vice-président de l’ACCO, section Transville Goma, a estimé que la participation personnelle de Bertrand Bisimwa envoyait un message fort à la population.
Voir une autorité de son rang planter des arbres n’est pas chose simple ; cela veut dire que chaque habitant de Goma doit prendre cette chose au sérieux.
Il a particulièrement interpellé les chauffeurs, taximen et motards, qui passent quotidiennement le long des principales artères de la ville.
Quand vous voyez les arbres plantés le long des routes, prenez-les comme vos arbres. Comme c’est nous qui passons la journée sur les routes, nous devons prendre ces arbres comme les nôtres.
Pour lui, protéger aujourd’hui ces jeunes plants permettra aux générations futures de constater le travail accompli pour rendre Goma plus verte.
Considérez l’arbre comme votre bébé
Dans la population, l’initiative suscite également des réactions positives. Un habitant, se présentant comme natif de Goma, a salué l’ampleur de la mobilisation en faveur du reboisement urbain.
Depuis que je suis né — je suis un natif de Goma — c’est aujourd’hui que je vois une telle implication pour le reboisement de la ville.
Il appelle chaque famille à devenir responsable de l’arbre planté devant sa parcelle ou son commerce.
Si cet arbre est planté devant ta porte, il faut que tu le considères comme ton bébé qui doit avoir de l’eau à boire et que tu prennes soin de lui.
Son souhait est de voir l’opération s’étendre progressivement à l’ensemble de Goma et au-delà.
Je souhaite que ce projet continue. [...] Tout Goma sera très beau et cela va s’étendre jusqu’à Sake.
Armée et police participent à la plantation
Autre image forte de cette journée : des membres de l’armée et de la police révolutionnaires ont eux aussi mis des plants en terre.
Devant les militaires et policiers participant à l’activité, Bertrand Bisimwa a insisté sur la portée de leur geste : la protection de la population ne doit pas seulement être comprise sous l’angle sécuritaire, mais également comme une contribution à l’amélioration de ses conditions de vie.
Cet arbre est l’arbre des militaires et de la police révolutionnaire. [...] Vous aussi, vous entrez dans le développement ; vous commencez aussi à donner la vie à la population, et cette vie passe par l’arbre.
Il leur a demandé de ne pas considérer la plantation comme la fin de l’opération, mais comme le début d’une responsabilité.
Cet arbre est le vôtre ; il faut que vous l’arrosiez tous les jours, en tant que militaires et policiers, et que ceci serve d’exemple à la population en général.
Protéger la vie au-delà de la sécurité
Pour Bertrand Bisimwa, l’arbre devient ainsi un symbole reliant sécurité, environnement et développement.
Montrez à la population que vous vous êtes battus pour garantir la vie des gens ; ce n’était pas seulement pour repousser l’ennemi très loin, mais aussi pour garantir la vie des citoyens. Et cet arbre est le symbole de cet objectif de garantir la vie aux citoyens.
L’enjeu sera désormais d’assurer le suivi des plants mis en terre : arrosage, protection contre les dégradations et appropriation par les habitants, commerçants, transporteurs et services publics.
À travers cette mobilisation, le message lancé à Goma est simple : planter est une première étape ; faire vivre l’arbre est la responsabilité de tous.