ÉDUCATION

ESU : FREDDY KANIKI DÉNONCE UNE « FERMETURE ARBITRAIRE » DES ÉTABLISSEMENTS DE GOMA ET BUKAVU

27/08/2026 Christian SUKAKA 13 vues
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Goma, 27 août 2026

Le Coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, Prof. Freddy R. Kaniki, réagit vivement à l’arrêté ministériel n°239 du 20 août 2026 portant suspension des activités académiques dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu. Dans une publication sur X, il qualifie cette mesure de
fermeture arbitraire
et estime qu’elle frappe en premier lieu les étudiants et leurs familles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Une décision qui punit les parents et les étudiants


Selon Freddy Kaniki, l’argument sécuritaire avancé pour justifier cette suspension ne correspond pas à la réalité vécue actuellement dans les deux villes.

Le responsable de l’AFC/M23 considère plutôt cette décision comme une réaction aux récentes nominations opérées dans certaines institutions d’enseignement supérieur et universitaire afin, selon lui, de combler les postes laissés vacants par des responsables absents depuis plus d’une année.

Pour Freddy Kaniki, maintenir une administration universitaire à distance contribuait à créer des dysfonctionnements dans les établissements concernés. Il estime donc que la décision de Kinshasa intervient dans un contexte de confrontation autour de la gouvernance des institutions universitaires situées dans les zones administrées par l’AFC/M23.

L’avenir des étudiants au cœur de la controverse

Au-delà du bras de fer politique, le Coordonnateur adjoint de l’AFC/M23 attire surtout l’attention sur les conséquences humaines, sociales et financières d’une suspension des activités académiques.

Il s’interroge notamment sur le sort des milliers d’étudiants qui devraient éventuellement quitter Goma ou Bukavu pour poursuivre leurs études à plusieurs centaines de kilomètres de leurs familles.

Cette situation, souligne-t-il, imposerait aux parents de nouvelles charges liées au transport, au logement et à la subsistance des étudiants. Elle pourrait également placer certains jeunes dans une situation de vulnérabilité particulière loin de leur environnement familial.

Est-ce que ceux qui ont pris la décision ont pensé aux implications financières et logistiques, aux contraintes morales de ces jeunes gens et surtout jeunes filles qu’ils veulent emmener à des centaines de kilomètres de leurs parents ?
, s’interroge Freddy Kaniki.

Kaniki accuse Kinshasa de politiser l’éducation

Pour le Coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, l’enseignement supérieur ne devrait pas devenir un instrument de confrontation politique.

Il accuse le Gouvernement de Kinshasa de vouloir transférer le conflit politique dans les universités et instituts supérieurs, alors que des initiatives diplomatiques et de médiation cherchent parallèlement à réduire les tensions.

Selon lui, après les conséquences de la guerre sur les infrastructures et les activités économiques dans l’Est de la RDC, la suspension des activités académiques ferait désormais peser le poids de la confrontation sur la jeunesse.

Freddy Kaniki va plus loin en estimant que les étudiants des provinces majoritairement swahiliphones sont directement affectés par cette mesure. Il appelle ainsi à préserver l’université des rivalités politiques et à placer l’intérêt supérieur de l’étudiant au centre de toute décision.

Les activités académiques se poursuivront normalement


Face aux inquiétudes suscitées par l’arrêté, Freddy Kaniki adresse un message d’apaisement aux étudiants, aux parents et au personnel académique.

Les activités académiques se poursuivront normalement
, affirme-t-il.

Cette déclaration traduit la position de l’AFC/M23, qui entend maintenir la continuité des enseignements dans les établissements situés dans les espaces sous son administration.

Le responsable appelle également les étudiants à ne pas se laisser entraîner dans les confrontations politiques et à rester concentrés sur leur formation.

Une
révolution éducative
annoncée


Pour Freddy Kaniki, la réponse à la crise actuelle ne doit cependant pas se limiter à assurer la continuité des cours. Elle doit également ouvrir la voie à une transformation du système universitaire.

La révolution éducative est en marche et les étudiants doivent en être des acteurs fiers, non des spectateurs, encore moins des victimes
, affirme-t-il.

Cette orientation rejoint le discours porté ces derniers jours par plusieurs responsables de l’AFC/M23, qui défendent le principe d’un enseignement supérieur protégé des confrontations politiques et centré sur la qualité de la formation, la responsabilité académique et l’avenir de la jeunesse.

Pour l’AFC/M23, le message adressé aux étudiants de Goma et Bukavu se veut donc sans ambiguïté : la crise politique ne doit pas condamner une génération à interrompre ses études.

Alors que la controverse autour de l’arrêté n°239 se poursuit, une question fondamentale demeure : jusqu’où une confrontation politique peut-elle aller lorsqu’elle touche directement au droit des jeunes à poursuivre leur formation universitaire ?

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