AFFAIRES SOCIALES

GENTIL SONY MULUME : « LE CHANGEMENT VIENDRA D'UNE CONSCIENCE COLLECTIVE DU PEUPLE CONGOLAIS »

16/06/2026 Shaby 32 vues
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Figure connue de la société civile et ancien militant du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA), Gentil Sony Mulume est revenu sur son parcours militant, son engagement pour les droits humains et sa vision de l'avenir de la République démocratique du Congo lors d'un entretien accordé à SIMBA MEDIA.
Originaire de Kalehe, dans la province du Sud-Kivu, Gentil Sony Mulume vit à Goma depuis plus de vingt-six ans. Il affirme avoir grandi et étudié dans la ville volcanique, où il s'est progressivement engagé dans les luttes citoyennes pour l'amélioration des conditions de vie de la population.

Un engagement précoce pour les droits sociaux

Selon lui, les premières actions de la LUCHA étaient essentiellement orientées vers des revendications sociales.

Nous réclamions l'eau, l'électricité, les routes et l'emploi. Notre combat était d'abord celui de la dignité humaine et de l'amélioration des conditions de vie de la population
, explique-t-il.

À partir de 2015, dans un contexte marqué par les tensions politiques autour du processus électoral, son engagement prend une dimension plus politique. Il figure parmi les premiers militants de la LUCHA arrêtés et incarcérés à la prison centrale de Goma.

Nous étions quatre militants arrêtés et détenus pendant plus de deux mois. Finalement, nous avons été acquittés par la justice parce que notre combat était légitime
, rappelle-t-il.

Malgré les arrestations et les pressions, Gentil Sony Mulume affirme avoir refusé l'exil afin de poursuivre son engagement sur le terrain.

Contre les discours de haine et les violences identitaires

L'activiste souligne avoir toujours rejeté les discours de haine et les divisions communautaires qui se sont amplifiés au fil des années.

Nous avons refusé que notre lutte soit détournée vers la haine ethnique. Nous avons dénoncé toutes les formes de stigmatisation, notamment celles visant les communautés banyamulenge et d'autres citoyens victimes de violences liées à leur apparence ou à leur identité présumée
, affirme-t-il.

Avec d'autres militants de la société civile, il dit avoir mené plusieurs campagnes de sensibilisation à Goma, Bukavu et Minembwe afin de promouvoir la cohésion sociale et le respect des droits humains.

Dénoncer les violations des droits humains

Gentil Sony Mulume évoque également les bombardements qui ont touché plusieurs localités de l'Est du pays, notamment Minembwe, Masisi, Rutshuru et Goma.
Il rappelle qu'une marche populaire avait été organisée à Goma pour dénoncer ces violences et qu'un mémorandum avait été remis à la MONUSCO.

Nous avons documenté plusieurs cas de victimes civiles et dénoncé les violations du droit international humanitaire ainsi que les atteintes aux droits humains
, soutient-il.

Les causes profondes du conflit

Interrogé sur la crise sécuritaire dans l'Est de la RDC et l'émergence de l'AFC/M23, Gentil Sony Mulume estime que les revendications du mouvement trouvent leur origine dans des problèmes de gouvernance et dans des frustrations accumulées depuis plusieurs années.

Il existe des causes profondes qui nécessitent des réponses politiques. La guerre ne peut pas être la solution. Il faut un dialogue sincère et une gouvernance responsable pour restaurer durablement la paix
, déclare-t-il.

Pour lui, les difficultés du pays sont avant tout liées à la mauvaise gouvernance, à l'absence d'infrastructures adéquates et au manque de prise en compte des préoccupations réelles des citoyens.

La population au centre du changement

Au-delà des critiques adressées à la classe politique, Gentil Sony Mulume appelle les Congolais à s'impliquer davantage dans la gestion de leur destin collectif.

La politique concerne tout le monde. Elle influence notre quotidien, nos familles, notre économie et notre avenir. Le peuple doit prendre conscience de sa responsabilité et ne plus laisser les politiciens décider seuls de son destin
, affirme-t-il.

Selon lui, seule une prise de conscience collective permettra à la République démocratique du Congo de sortir durablement de ses crises récurrentes.

Le changement viendra lorsque chaque citoyen comprendra qu'il est lui-même acteur de l'avenir du pays. C'est cette conscience collective qui nous permettra de bâtir une nation plus juste, plus forte et plus prospère
, conclut-il.

Par la Rédaction de SIMBA MEDIA

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